Ce que représentent les récentes visites de quatre chefs d’Etat africains à Kinshasa

La Majorité présidentielle et l’opposition interprètent différemment les visites, enregistrées les deux dernières semaines à Kinshasa, des chefs d’Etats de la République du Congo, de l’Angola, du Gabon et du Zimbabwe. Ce dernier a clôturé mercredi 28 février à Kinshasa sa visite de travail de 48 heures. Pour la Majorité présidentielle, ces visites des chefs d’Etat sont les fruits de la diplomatie menée par le président Joseph Kabila.

«Le monde observe que la RDC n’est pas un pays isolé, elle est au cœur d’Afrique, fait l’actualité  parce qu’elle est un pays d’avenir. Le président de la République sait quel est le rôle de son pays en Afrique et dans le monde, voilà pourquoi la diplomatie de la RDC a toujours été au cœur de son action et de son programme», affirme Yves Kisombe, membre du PPRD et vice-ministre honoraire des Affaires étrangères.

Un état en soins intensifs

Pour l’Opposition, l’intense activité diplomatique à laquelle on assiste actuellement en RDC est loin d’être le résultat de la diplomatie menée par Joseph Kabila. Pour le sénateur Jacques Djoli, inspecteur général du MLC, un parti de l’opposition, cela prouve que notre pays est dans un état qui inquiète ses voisins et le monde entier.

«Nous sommes dans un Etat qui est pathologique, un Etat qui est en soins intensifs, qui fait l’objet des préoccupations de tous ses voisins, parce que la situation de notre pays est plus que grave. Malheureusement ceux qui sont aux commandes de la République sont dans une sorte d’insouciance  parce qu’ils tiennent au jeu de chaos. Depuis 2016, ce pays est sorti du cadre de sa légitimité. La plus grave maladie d’un Etat, c’est l’absence de légitimité de ses gouvernants», explique Jacques Djoli.

Selon lui, il y a «une rupture de contrat et de confiance entre le peuple et ses gouvernants». Et de poursuivre : «toutes les institutions sont fin mandat. Et on est en train de gouverner par défi».

Efforts de la communauté internationale

Le professeur Bob Kabamba, analyste politique, interprète la succession de visites des chefs d’Etat africains ces derniers jours en RDC comme une manière, pour la communauté internationale de passer certains messages à Joseph Kabila.

«Les pays tels que la Belgique, les Etats-unis, la Grande-Bretagne, la France et d’autres prennent des positions par rapport à la situation telle qu’elle évolue au niveau de la RDC. Mais les autorités congolaises réagissent violemment contre ce qu’elles considèrent comme l’intrusion ou l’immixtion de ces pays dans les affaires intérieures de la RDC. Par contre, si c’est un message qui est donné par des pairs africains, le message est bien entendu et reçu à Kinshasa. Tous ces présidents viennent passer les messages que la communauté internationale n’arrive pas à faire parvenir à Kinshasa», analyse M. Kabamba.

Il fait aussi remarquer les présidents des pays voisins veulent aussi éviter la déstabilisation de la RDC qui aurait des conséquences néfastes pour leurs pays.

«L’enjeu de ses visites est aussi à mettre dans un contexte régional qui est en train de beaucoup suivre ce qui est en train de se passer en RDC. On assiste, depuis quelques semaines, à un changement de positionnement qui est en train de se passer au niveau des pays voisins. Ils commencent à s’inquiéter de l’évolution politique de la RDC. Si la RDC suit une voie des violences qui va aller vers une déstabilisation, cette déstabilisation pourrait aussi concerner les pays de la région», explique le professeur Bob Kabamba.

via radiiookapi

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