Belgique: fusillade meurtrière à Liège, un acte «terroriste» selon le procureur

Les lieux de la fusillade à Liège, ce mardi 29 mai 2018. REUTERS/Francois Lenoir

Une fusillade meurtrière a éclaté ce mardi 29 mai 2018 dans la ville belge de Liège. L’assaillant a d’abord abattu deux policières et un homme de 22 ans, avant de prendre un otage et d’être tué par les forces de l’ordre. L’enquête a été confiée au parquet fédéral et selon le procureur de Liège qui a apporté à la mi-journée des précisions sur l’enchaînement des faits, il s’agit d’un acte « terroriste ».

Les faits se sont déroulés vers 10h30 heure locale sur le boulevard d’Avroy, un axe très fréquenté du centre-ville. Un homme porteur d’une arme blanche prend en filature deux policières, les attaque par l’arrière et leur porte de multiples coups de couteau. L’assaillant s’empare alors de leurs armes de service et s’en sert contre elles.

Il s’en prend ensuite à un véhicule stationné sur le boulevard et fait feu sur son passager. Celui-ci, un jeune homme de 22 ans, est décédé. Après ce triple meurtre, l’assaillant se réfugie dans l’enceinte d’un lycée et prend en otage la femme de ménage.

L’homme est finalement abattu par les forces de l’ordre et plusieurs policiers sont blessés dans l’opération. Les élèves sont, eux, en sécurité ; aucun n’a été blessé. Pour les autorités belges, la situation sur place est maîtrisée et aucune mesure de confinement des écoles n’a été mise en place.

Liège est en ébullition, après la fusillade de ce mardi 29 mai 2018. Courtesy of VICTOR JAY/via REUTERS

Le profil de l’assaillant

Selon plusieurs médias belges et notre consoeur de la Radio-télévision belge francophone (RTBF) Françoise Dubois, l’assaillant était connu des services de police. Benjamin Herman, 36 ans, originaire de Rochefort dans le sud de la Belgique, n’était pas signalé pour des faits de terrorisme. Selon laRTBF, il était fiché depuis 2017 par la Sûreté de l’Etat, une information confirmée à l’AFP par une source proche de l’enquête.

Benjamin Herman était incarcéré pour des faits de droit commun, notamment des vols, et serait sorti lundi pour un « congé pénitentiaire » visant à faire des démarches administratives, mais ne serait pas rentré à la maison d’arrêt. C’est à ce moment-là qu’il a été signalé comme « en fuite » à toutes les forces de police, d’où le contrôle de ce mardi.

Selon le parquet, il se serait converti à l’islam en prison et se serait radicalisé auprès de codétenus. Délinquant jugé très violent, psychologiquement instable, il n’avait plus de contact avec sa famille.

Le ministre de l’Intérieur belge Jan Jambon a rendu hommage aux victimes sur Twitter.

Endeuillée par la mort, en 2016, de 32 personnes dans des attentats jihadistes, la Belgique a depuis lors subi plusieurs attaques dites terroristes contre des militaires ou des policiers. La dernière attaque remonte au 25 août 2017 : un homme d’origine somalienne avait agressé des soldats au couteau, blessant légèrement l’un d’eux, en criant « Allah Akbar » en plein coeur de Bruxelles. Il a été abattu.

L’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (Ocam), chargé d’évaluer la menace terroriste en Belgique, n’a en tout cas pas changé le niveau d’alerte terroriste, qui reste au niveau 2, soit une menace jugée « peu vraisemblable ».
Ce niveau d’alerte, fixé à 3, voire ponctuellement 4, depuis trois ans, avait été abaissé en janvier. L’Ocam avait justifié cette décision notamment par le délitement de l’organisation Etat islamique en zone irako-syrienne.

via rfi

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