Consultance Internationale: Recherche Opérationnelle sur les changements de comportement – Analyse des Barrières, P-3, SSA

Job no: 521140
Work type: Consultancy
Location: Congo, Dem. Rep
Categories: WASH (Water, Sanitation and Hygiene), P-3
1. CONTEXTELe programme Villages et Ecoles Assainis (VEA) est le programme national du gouvernement de la République démocratique du Congo visant à fournir et / ou étendre l’accès à l’eau, à l’assainissement et à la promotion de l’hygiène en zones rurales et périurbaines. Le programme comprend un ensemble d’activités WASH dans les villages ainsi qu’en milieu scolaire, le développement de politiques ainsi que le développement des capacités des communautés locales, des partenaires d’exécution et du secteur privé (forage manuel et installation et maintenance de pompes manuelles). Le Ministère de la Santé coordonne la composante « Villages Assainis » (VA) du programme qui comprend également le volet « Centres de Santé Assainis » (CSA) et le Ministère de l’Education coordonne le programme « Écoles Assainies » (EA).
Le programme comprend également des activités de changement des comportements en matière d’hygiène et le développement des capacités. Il est basé sur un concept clé encourageant les communautés à devenir des « villages / écoles assainis » en respectant des normes minimales en eau, assainissement et hygiène, élaborées et approuvées par le gouvernement de la RDC qu’un village ou une école doit atteindre avant de pouvoir être déclaré « assaini ». En utilisant une approche dirigée par la communauté, les membres de la communauté sont motivés pour atteindre un environnement plus sain dans leur village.Le programme comprend deux phases, la première de 2008 à 2012 et la deuxième de 2013 à 2019. La phase 1 avait pour but d’assurer l’accès de 3 500 000 de personnes ainsi que 240 000 écoliers aux services WASH améliorés et la phase 2 vise à soutenir et accroitre les résultats de la phase 1 selon les objectifs suivants :
• Soutenir 3 380 091, Congolais dans 4 870 villages et 475 000 élèves dans 1 250 écoles nouvellement ciblés pour qu’ils obtiennent un accès et une utilisation durables de l’eau potable, à un assainissement adéquat et adoptent de meilleures pratiques d’hygiène ;
• Veiller à ce que 7 500 villages et 2 250 écoles agissent collectivement pour protéger et maintenir un environnement assaini ;
• Fournir un soutien et une assistance technique aux structures de gouvernance du secteur WASH – au niveau national, provincial et local – afin de permettre une gestion et une mise à niveau efficaces des résultats WASH durables.2. JUSTIFICATIONLe PNEVA a développé un ensemble de 7 normes qui mènent à la certification des villages. Le processus « pas à pas » constitue le cycle de programme à suivre pour atteindre la certification. Avec la participation des communautés et l’appui du Programme National, les villages qui suivent les 8 pas du processus et qui répondent aux 7 normes obtiennent le statut de Village Assaini. 
Les 7 normes sont les suivantes :
1. Le village a un comité dynamique.
2. Au moins 80 % de la population a accès à l’eau potable.
3. Au moins 80 % des ménages utilisent des latrines hygiéniques.
4. Au moins 80 % des ménages évacuent correctement les ordures ménagères.
5. Au moins 60 % de la population se lave les mains avec du savon ou de la cendre avant de manger et après avoir été aux toilettes.
6. Au moins 70 % de la population comprend le schéma de transmission des maladies et les moyens de prévention.
7. Au moins une fois par mois le village est nettoyé.Une étude de durabilité (Hydro conseil, 2013) a montré que seulement 2 % des villages maintiennent leur statut assaini dans le temps (perte d’au moins 1 des 7 normes).
Avec le lancement de la phase 2 en 2014, un mécanisme de suivi post-certification (PC) a été introduit dans le programme assurer la durabilité post-intervention des services eau, assainissement et hygiène. Les activités de PC sont dirigées par les communautés afin qu’elles trouvent elles-mêmes les solutions pour rattraper le statut et portées par le gouvernement. La post-certification suit le village selon un cycle de 12 mois, pendant au moins 3 ans.Les analyses de la cellule de Suivi-Evaluation de la section WASH de l’UNICEF ont permis de faire les constats suivants :
– Les résultats de maintien du statut « assaini » lors de la Post Certification dans les villages stagnent aux alentours de 65% après la PC4, 35% des villages ne regagnant pas le statut malgré la récurrence des visites de PC (voir figure 1) ;
– Les deux normes relatives aux connaissances en matière d’hygiène (Norme 6) et aux pratiques – le lavage des mains (Norme 5) – sont les normes les plus maintenues au niveau des communautés, tandis qu’une proportion raisonnable de villages maintient l’accès à l’eau potable (Norme 2). Les normes relatives à l’assainissement – accès à l’assainissement (Norme 3) et à la gestion des déchets (Norme 4) – sont les normes perdues par la plus grande proportion de villages. La norme liée au dynamisme du comité fait également partie des normes les plus perdues. 
– Le manque de durabilité des pratiques liées à l’assainissement ainsi qu’aux déchets solides et ainsi qu’en terme de mobilisation communautaire témoigne de certains défis importants en termes de changement de comportement au niveau des ménages. Ces tendances sont les mêmes depuis le début du processus post-certification. 
– Un des principaux défis est la durabilité sociale et le programme devrait renforcer l’appui fourni aux communautés en vue d’un changement de comportement durable en agissant à la fois au niveau des ménages, des individus et des communautés. 
 PC1 PC2 PC3 PC4 PC5
N Village 8064 4485 1834 585 207
N Ecoles 2132 1532 873 220 128Figure 1 : Taux de maintien du statut assaini selon la visite PC 
Figure 2 : Pourcentage des écoles maintenant chacune des normes (N=4 150)Les résultats de l’intervention sont donc mitigés dû en grande partie aux comportements, aux perceptions et aux degrés de motivations des populations. C’est dans ce cadre que se situe cette recherche opérationnelle qui doit nous permettre de mieux comprendre et adapter le programme en appréhendant les connaissances et les perceptions des populations vis-à-vis de l’approche communautaire liée en particulier aux pratiques d’assainissement et au travers du comité de gestion. Il sera également question de savoir : 
 Si des obstacles socio -culturels pourraient expliquer pourquoi les normes 1,3 et 4 sont celles qui sont les moins maintenues. Et si oui, les identifier et proposer des orientations / recommandations. 
 Si le leadership et la dynamique communautaire sont des facteurs importants pour la réussite du programme. En fonction des conclusions, proposer des recommandations
 Si les messages adressés aux communautés lors des activités de suivi sont bien adaptés pour engager davantage les populations. En fonction des conclusions, proposer des recommandationsL’analyse de barrières permet d’identifier les déterminants associés à un comportement particulier afin de développer des stratégies de changement de comportement plus efficaces. Pour effectuer une analyse de barrières on développe un questionnaire et fait des entretiens avec des personnes qui font le comportement (les Pratiquants) et les personnes qui ne font pas le comportement (Non pratiquants).3. OBJECTIF DE LA RECHERCHE OPERATIONNELLEObjectif GénéralL’objectif de la recherche opérationnelle est d’appréhender les connaissances et comprendre les perceptions des populations vis-à-vis de l’approche du programme et d’identifier les déterminants favorisants et défavorisant le maintien des normes liées au comité dynamique, à l’utilisation des latrines et à la gestion des déchets solides. Elle permettra également de définir les messages adaptés afin d’obtenir un changement du comportement effectif et pérenne.Objectifs spécifiquesCette recherche vise à avoir une compréhension approfondie des comportements liés aux normes 1, 3 et 4 du PNEVA, de cerner les barrières, ainsi que les réactions des bénéficiaires face aux questions de l’assainissement individuel, de la gestion des déchets et du comité d’eau, leur acceptation, leur importance et leur utilisation par les ménages appuyés par le PNEVA dans les 6 groupes culturels de la RDC afin de mieux appréhender le maintien ou la perte de ces trois normes dans le cadre du programme. 
Il s’agira de voir les particularités de l’approche dans les 4 contextes spécifiques et d’identifier des leçons clés pour engager le dialogue communautaire, déterminer l’impact des normes sociales et les différences/similitudes entre les différents groupes de population. Les zones culturelles sont basées sur les langues et sont les suivantes :
– Swahili (Nord Kivu, Sud Kivu, Tshopo), 
– Kikongo (Kwango, Kwilu, Kongo central),
– Tshiluba (Kasaï central, Kasai oriental, Sankuru)
– Lingala (Kinshasa, Equateur et Sud Ubangi))Les messages adaptés pour pallier la perte des normes seront définis en collaboration avec la section Communication pour le Développement (C4D) de l’UNICEF RDC et le suivi de leur mise en œuvre sera effectué pour déterminer de leur pertinence et efficacité sur le terrain. Cette recherche opérationnelle permettra de mieux adapter l’intervention, d’orienter ou de corriger les approches et les méthodes actuellement utilisées pour répondre spécifiquement aux besoins des bénéficiaires.
4. CADRE DE LA RECHERCHECette recherche opérationnelle s’inscrit dans le cadre de la recherche sur le comportement en matière d’utilisation des latrines, de fonctionnement du comité et de gestion des déchets et en particulier en ce qui concerne leur acceptation. Les villages qui sont appuyés depuis le début du programme dans les 4 groupes culturels définis feront l’objet de la recherche. 
Comme le prévoit la méthodologie, 50 « doers » et 50 « non-doers » seront interrogés au sujet de leurs pratiques.Les résultats de la recherche permettront de mieux adapter le programme et les approches en fonction des constats et des recommandations pour une application à grande échelle sur le pays.5. PORTEE DU TRAVAIL / TACHES ESSENTIELLES.- Développer l’enquête et former les membres de l’équipe de recherche ;
– Compiler les données obtenues sur le terrain et les analyser ;
– Proposer des recommandations pour adapter les messages et/ou l’approche communautaire du programme dans les contextes étudiés ;
– Tester, piloter et suivre la mise en place des recommandations proposées au niveau du terrain et affiner les recommandations si nécessaire ;
– Proposer des conclusions pour une meilleure mise en œuvre de l’approche, pour sa mise à l’échelle au meilleur coût en vue d’une efficacité maximale.6. DUREE DE LA CONSULTATIONLa durée de la présente consultation est de 6 mois incluant toutes les étapes : revue documentaire, phase de collecte des données, production des rapports, de restitution des résultats et de finalisation des rapports sur la base des commentaires intégrés.Les délais ci-dessous sont à titre indicatif et devront être affinés par le consultant dans sa proposition dans l’offre technique :
– Conception de l’enquête
– Animation de 2 journée de formation pour 15 collecteurs de données (1 jour de test)
– 30 jours de collecte de données sur le terrain (5 jours par contexte culturel)
– 18 jours de d’analyse de données à distance (3 jours par contexte culturel)
– 54 jours de mission (3 missions de 3 jours dans chaque groupe culturel)
– Résultats / conclusions de la discussion de l’atelier de 1 jour avec l’équipe7. PRINCIPAUX LIVRABLE ATTENDUS Rapport de démarrage comprenant les outils, l’’échantillonnage, les indicateurs à mesurer et le plan d’analyse
 Rapport d’analyse 
 Rapport de la recherche opérationnelle avec des recommandations et formulation de messages adaptés ainsi que l’analyse de la pertinence et de l’efficacité des messages proposés dans le changement des comportements des bénéficiaires du projet8. PROFIL DU CONSULTANTLe consultant chargée de la recherche opérationnelle doit avoir plus de 5 ans d’expérience dans le domaine de l’évaluation ou de la recherche, ayant de préférence déjà mené des études sur les secteurs sociaux en RDC.Le consultant doit : 
– Etre spécialisé(e) dans la recherche empirique (anthropologue, sociologue) et la génération d’évidences pour le plaidoyer politique, et reconnu pour sa rigueur scientifique ; 
– Avoir une expérience avérée dans l’organisation et la gestion d’enquêtes qualitatives, de préférence dans des pays africains, notamment une solide expérience (au moins 5 ans) dans la planification et l’organisation de logistique d’enquêtes avec une capacité à recruter et former rapidement un bon réseau d’enquêteurs ; 
– Démontrer de solides expériences dans la collecte de données quantitatives et qualitatives, l’exploitation et l’analyse de données ; 
– Avoir une maîtrise des logiciels comme SPSS, STATA, CSPRO ; EXCEL et des logiciels d’analyses qualitatives (noms à rechercher) 
– Avoir la maitrise de la collecte de données sur CAPI 
– Avoir une maîtrise de l’outil informatique.Pour le consultant, la connaissance avérée de la République Démocratique du Congo est nécessaire. Le consultant devra faire preuve d’une grande capacité d’analyse et d’interprétation des faits, de synthèse et de rédaction et une bonne expérience de travail au niveau communautaire. Le consultant peut proposer toute expertise supplémentaire qu’il/elle jugerait pertinente pour la réalisation de la mission.9. PROCESSUS DE SELECTION DU CONSULTANTLe consultant intéressé par la recherche devra présenter un dossier complet composé des trois éléments suivants : 
– Offre technique : document d’un maximum de 15 pages où le/la consultant/e explique (a) l’interprétation des Termes de Référence ; (b) l’approche et les méthodes suggérées pour répondre aux questions (objectifs spécifiques) posées dans les Termes de Référence, y compris un plan détaillé des données à collecter et des méthodes de collecte proposées ; (c) un plan de travail provisoire avec produits à délivrer et échéances détaillées. Les Curriculum Vitae (CV) des consultants devront être joints à l’offre technique.- Offre financière : un cadre avec le budget détaillé (selon le canevas joint, voir annexe) pour couvrir toutes les activités prévues dans le plan de travail, y compris la logistique (perdiem et autres), les honoraires, les coûts indirects et les éventuels coûts d’assistants de rechercheLes offres financières seront évaluées par le Comité de revue de Contrats de l’UNICEF. Les modalités de paiement se feront comme suit : 
– (a) 25% à l’approbation du rapport de démarrage soumis à validation et présentant toute la démarche méthodologique, les outils à utiliser, le chronogramme détaillé ; 
– (b) 30% à la soumission du rapport provisoire jugé satisfaisant par l’UNICEF et validé par un comité ; 
– (c) 45% à la soumission du rapport final jugé satisfaisant, approuvé par l’UNICEF et le comité, restitution des résultats comprise.10. SYNTHESE DES LIVRABLES- Rapport de démarrage (démarche méthodologique détaillée, échantillonnage, constitution / coordination d’équipe de collecte, chronogramme détaillé pour chaque étape)- Rapport provisoire (incluant les données de la collecte) et session de restitution- Rapport final intégrant les commentaires de la session de restitution

Advertised: 04 Apr 2019 W. Central Africa Standard Time
Applications close: 30 May 2019 11:55 PM W. Central Africa Standard Time

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